Entrer en Tiyoweh

Dans la langue Seneca, tribu iroquoise, Tiyoweh se traduit par calme, immobilité. 

Dans cette tradition de gardiens de la Terre, entrer en Tiyoweh signifie entrer dans le silence et arrêter le monde afin d’ écouter les messages toujours présents de notre nature profonde, de notre cœur, du monde des esprits, du Grand Mystère. Cette sagesse ancienne nous apprend qu’une personne qui entre en Tiyoweh peut entendre sa petite voix intérieure et accéder à sa Vérité. Cette cérémonie était très importante, essentielle dans la sagesse des anciennes, pour que la femme puisse écouter la vérité de son essence primordiale et avoir accès à son rêve sacré pour ensuite pouvoir le manifester.

Le conseil des Anciennes du monde invisible (paradoxalement si présent, si palpable) nous appelle, toutes, nous, femmes, à restaurer et honorer cette Profonde Féminité en retrouvant la sagesse de cette cérémonie. Afin de pouvoir entendre la voix de notre utérus, de notre terre, de Terre-Mère, entendre la voix de notre cœur et notre propre vérité intérieure.

Entrer en Tiyoweh est préférable pendant le temps des lunes, le temps des menstrues, quand toutes nos énergies sont tournées vers l’intérieur, quand notre utérus est ouvert et réceptif, particulièrement, même si c’est possible de le faire à d’autres moments. Dans les temps anciens, ce temps de retraite durait trois jours et trois nuits et se vivait toujours seul. Il y avait d’autres cérémonies comme, par exemple, les loges noires (black logdes ou moon lodges), elles aussi des cérémonies de femmes en lunes, mais elles se vivaient en groupe car toutes les femmes étaient en lunes en même temps. Le Tiyoweh se pratiquait dans une grotte ou une hutte symbolisant l’utérus. Un feu y était maintenu toute la nuit. De l’eau et de la nourriture étaient indispensables, il ne s’agissait pas de manquer ou d’être dans la privation. Les anciens disaient que la femme souffrait bien assez en ayant ses lunes et en donnant la vie. Dans ce moment particulier des lunes, il est important de se sentir en sécurité, dans un cocon de chaleur et de douceur, tout état de stress couperait la réceptivité. C’est un moment de purification où il est souhaitable de choisir une nourriture légère et naturelle, privilégiant les fruits et de l’eau de source, l’eau étant indispensable pour maintenir le flux des lunes et hydrater l’utérus. Il est préférable que le corps n’utilise pas trop d’énergie pour la digestion.

 

Si vous ne pouvez avoir un tipi ou une yourte consacré à ce temps de retraite, vous pouvez avoir une pièce ou un lieu qui vous soit consacré, où vous ne serez pas dérangée. Si vous avez un compagnon et/ou des enfants, il est important que ce temps pour vous soit reconnu et accepté, à vous de le faire respecter, et si c’est fait en douceur, ils verront vite qu’ils ont tout à y gagner. Si vous n’avez plus vos lunes, vous pouvez choisir une autre période par exemple à la pleine Lune ou à la nouvelle Lune. Si vous ne pouvez le vivre pendant 3 jours, faites-le progressivement, 2 jours, une journée ou même quelques heures c’est déjà bien. Tout est tellement à restaurer !  Et puis petit à petit, j’espère que cela deviendra de nouveau essentiel, comme une priorité dans nos vies de femmes et pour la société.

Pendant cette retraite, quelle que soit sa durée, il est important de n’avoir aucune occupation qui puisse nous détourner de cet état de réceptivité : pas de lecture,  pas de musique avec des paroles (un fond musical favorisant cet état de calme et de paix peut être le bienvenu), aucune sollicitation extérieure… Par contre, chantez, jouez du tambour, dansez, remerciez, créez à travers l’artisanat : poterie, perlage…, ou l’art : sculpture, peinture…, tout ce qui peut favoriser l’expression de soi, ponctuez avec des temps de méditation !

Ce qui nous empêcherait d’être dans la réceptivité serait une réelle perte de temps et d’énergie.

Si nous prenons ce temps régulièrement pour nous connecter à nous-même et à la Profonde Féminité, nous gagnerons en confiance et en réceptivité et nous aimerons de plus en plus ces instants de solitude, amenant la joie de la connexion à notre essence spirituelle, aux rythmes de notre corps, au Grand Mystère, à nos animaux totems, nos guides, les esprits, grand-mère Lune et Mère-Terre.

Chaque femme peut trouver à l’intérieur d’elle-même la réponse à ces questions : Qui suis-je ? Quels sont mes dons, mes habiletés ? Qu’ai-je à offrir ? Quel est mon rêve sacré, ma légende personnelle ? Que suis-je venue faire ici ?  Il est temps pour la femme d’arrêter de souffrir inutilement et de se reconnecter à Terre-Mère qui est la source de tout plaisir.

Carol Anpo Wi

Qu’est ce que le rite de sagesse, autour de la ménopause ?

Le rite de sagesse est en lien à la ménopause mais pas seulement. Il dépend de l’âge, des cycles de vie. Des femmes sont ménopausées très tôt pour différentes raisons mais ne sont pas encore dans ce passage du temps de sagesse. Les Amérindiennes passent ce rite de sagesse après 52 ans si elles n’ont plus leurs lunes depuis un an. Cela correspond à un moment de maturité. Au niveau astrologique cela s’explique très bien mais je ne vais pas rentrer dans ces considérations. C’est juste important de voir tous ce signes qui confirment les choses. C’est un moment propice pour se libérer et souvent cela correspond au départ des enfants, ou à d’autres libérations énergétiques ou de responsabilités… C’est un temps où l’on peut passer à autre chose, faire une pause, redéfinir nos besoins et nos aspirations, c’est une autre place dans la société, une autre direction dans la roue de vie du canyon du temps. C’est un moment plus propice pour être avec Soi et la vie nous fait cette place si nous savons laisser faire, laisser aller, lâcher-prise… L’âme se fait plus proche ! il y a le temps des premières lunes et le temps des dernières lunes, c’est la nature lunaire de la femme et la roue des cycles mais c’est un bouleversement énorme aussi bien au niveau physique, physiologique que psychologique.
Ce temps n’est pas valorisé dans nos sociétés, il est devenu une maladie, quelque chose que l’on traite, que l’on essaie de faire disparaître comme les lunes d’ailleurs… et comme beaucoup d’autres aspects de la vie qui ont perdu la connaissance subtile du plan divin et du sacré. Dans les cultures ancestrales, on nous dit toujours que l’on meurt pour un meilleur, c’est une loi sacrée universelle. On quitte un état pour s’ouvrir à un autre qui sera encore plus vaste. La mort peut aussi être vue comme une fête, même s’il y a un deuil, et il y en a un dans chaque rite de passage. On peut le célébrer, être en gratitude de tout ce qui a été vécu, tout en étant excité de passer dans un autre état : c’est le mouvement de la vie. On apprend à mourir à chaque instant pour être profondément en vie, et c’est ce qui est célébré dans le rite de passage, l’acceptation de l’impertinence, la foi d’un meilleur, accepter de mourir à un état pour renaître à un nouvel espace, faire le pas volontairement dire Oui à la Vie, à ce profond mystère qui nous permet de grandir en sortant des espaces confortables car connus… C’est passer volontairement la porte qui s’ouvre devant nous avec le coeur plein de gratitude pour tout ce qui a été et plein de confiance pour tout ce qui sera !

La ménopause est souvent un deuil pour la femme parce que c’est profondément physiologique de porter la vie même si elle ne veut plus d’enfant. Le changement hormonal entraine aussi beaucoup de transformations bien souvent difficiles à accepter, nous en parlons souvent dans la préparation du rite, c’est une préoccupation courante et chargée de plein de croyances. Cela peut être une grande libération si l’on comprend l’autre façon de porter la vie, qui est trop méconnue et peu valorisée. Dans la culture amérindienne on nous parle beaucoup de la visionnaire. Toute l’énergie sollicitée pour fabriquer l’ovule, pour préparer l’utérus à porter la vie chaque mois concentre énormément d’énergie. A la ménopause elle est libérée et transférée dans les chakras du haut, le troisième oeil, ce qui augmente le potentiel de clairvoyance et une plus grande connexion avec le subtil, l’âme…. Il y a aussi un afflux d’énergie dans le chakra laryngé qui provoque souvent d’ailleurs des problèmes de thyroïde si nous ne savons pas comment l’utiliser. Souvent cela crée des envies d’aller chanter d’où la moyenne d’âge dans les chorales et la grande proportion de femmes mais dans les peuples premiers, les femmes de cet âge étaient des transmettrices, transmettrices de la connaissance basée sur leur expérience de vie. 
Dans nos sociétés, ménopause rime plus avec vieillesse qu’avec sagesse. On éloigne le plus possible le moment.  Pourtant là aussi dans d’autres peuples, au contraire cela rime avec éternelle jeunesse… J’ai passé cette porte il y a peu de temps et même si je n’ai pas encore trouvé les secrets de l’éternelle jeunesse, je peux témoigner à quel point ça me met en contact avec une deuxième jeunesse, qui n’est pas forcément dans mon corps physique, mais à l’intérieur comme un relent d’émerveillement. C’est retrouver le contact avec l’enfant magique en nous, comme disent les Anciens. Avoir les yeux illuminés, pétillants, avec ce sourire d’enfant, c’est ça la sagesse : cette innocence consciente. 
La forme du rite de passage que nous faisons chez nous m’est venue en rêve, inspirée par mes guides et les gardiennes du conseil des 13 lunes;  il y a 4 jours de préparation comme une roue médecine avec 4 étapes, 4 directions et 4 pouvoirs; chaque journée est nourrie par un cercle de partage entre femmes, et un temps d’introspection pour récapituler émotionnellement, physiquement sa vie des dernières lunes jusqu’à aujourd’hui, souvent d’ailleurs dans l’ordre inverse c’est-à-dire d’aujourd’hui jusqu’à ses premières lunes. Il s’agit d’accueillir, se laisser traverser par les émotions, les larmes, les rires quand ils sont présents jusqu’à ce que l’on puisse tout regarder avec recul et détachement et dire « je suis ok avec tout, c’est ma vie, je suis toutes ces expériences, j’en suis nourrie et je remercie». C’est en faire un terreau pour la troisième tranche de vie où tout est encore possible et plus léger car il y a moins de responsabilités dans la matière. Il s’agit de passer la porte en laissant le sac à dos à la porte, les pieds nus, légère comme un papillon. 
Puis il y a la cérémonie en elle-même où est convié tout le monde et où l’on fait une rapide introspection en marchant dans une spirale puis on passe physiquement un seuil, une marche comme si l’on pénétrait dans un nouvel espace, un nouveau monde…. Je ne dévoile pas tout mais c’est très beau et authentique !!!
Cela permet de trouver ou retrouver ce rôle très important des aînés d’amener la vision, de raconter son expérience de vie, les leçons que nous avons acquises par l’expérience, apprises sur le chemin. Quand les Anciennes viennent témoigner dans les cercles de parole, cela permet pour les plus jeunes de garder la mémoire de celles qui sont venues avant, de leurs combats. Comme pour la pilule, l’avortement, pour être dans la gratitude de celles qui se sont levées pour que l’on ait ces choix même si nous en faisons d’autres aujourd’hui. Cela guérit beaucoup et amène un vrai partage inter-générationnel, ce sont des conteuses qui gardent la mémoire, un témoignage de toutes ces pépites, les cadeaux de toutes ces expériences de vie, même les plus douloureuses.
Pour les hommes, nous faisons passer aussi ce rite de sagesse, sans attendre l’andropause bien trop tardive. C’est souvent vers 56, 57 ans que les hommes sont demandeurs. Et c’est la même chose, je peux témoigner à quel point après les rites de passage il y a des choses qui changent. Comment le « faire les choses » devient moins important, le besoin de ralentir, d’être moins dans le concret, comment on se déleste des responsabilités. Il y a quelque chose qui se décharge des épaules, on reçoit un châle de sagesse et il y a quelque chose qui se déleste dans ce que l’on a porté. Et l’on reconnait les jeunes qui portent à leur tour, c’est un moment de transmission, beaucoup plus de son expérience que d’un enseignement théorique. 
Je rêve d’un monde où les aînés retrouveront leur place de gardiens des lois sacrées dans leur immense sagesse, leur grande compassion et leur vision juste et globale. 
Carol Anpo Wi

Guree, chaman mongol

 Guree et Nara reviennent en septembre

Guree est chaman mongol bouriate depuis 19 ans.  Il a été le disciple d’un des derniers maîtres chamans bouriates qui n’ont pas été coupé de leur tradition ancestrale..

 

Lors de conférences  il nous explique entre autres, avec beaucoup d’indulgence, la nécessité d’être mieux informé sur la connexion avec les esprits et le monde invisible, de la puissance que prennent les chamans français actuellement et des risques pour eux comme pour les autres d’appeler des esprits sans protocole ni protection.

Présentation de Guree plus bas

Nara est sa guide et son interprète. Sa connaissance du chamanisme mongol nous permet d’avoir une traduction juste et accessible. 

Programme soins et conférences

Bellegarde, Gap, Montpellier, Les Marches, Paris, Rennes

  • samedi 1 er, dimanche 2, mardi 11, mercredi 12 septembre  : 8 demi-journées de soins au choix

Oasis du Cerf Blanc   La Charnay  01200 CHATILLON EN MICHAILLE  (40 mn de Genève, 50 mn d’Annecy, 1h de Lyon, 1h d’Aix les Bains, 1h15 de Chambéry)

Inscription : envoyer un mail en indiquant le lieu et plusieurs demi-journées dans l’ordre de  préférence avec un numéro de portable : plumesdelaigle@gmail.com

  • vendredi 14 septembre : Conférence

salle Un Air d’Ailleurs    La Tour     05130 Jarjayes   GAP      20h          7 €

Pas de réservation

  • samedi 15, dimanche 16 septembre : 6 demi-journées de soins au choix

Un Air d’Ailleurs    La Tour     05130 Jarjayes   (GAP)

Inscription : envoyer un mail en indiquant le lieu et plusieurs demi-journées dans l’ordre de  préférence avec un numéro de portable plumesdelaigle@gmail.com

  • jeudi 20 septembre : Conférence    

Le chêne vert  5 rue des genêts   34980 Saint Clément sur Rivière   (MONTPELLIER)    20h          7 €      Pas de réservation     

  • vendredi 21, samedi 22, dimanche 23 septembre : 6 demi-journées de soins au choix

Chez Mireille Scala 115 allée Charles de Montalembert 34090 MONTPELLIER

inscription : m.bioscala@gmail.com                          www.bio-scala.fr

  • mardi 25, mercredi 26 septembre : 4 demi-journées de soins au choix

Chez Pierre Davoine  405 chemin des Combes 73800 LES MARCHES (entre CHAMBERY et GRENOBLE)

Inscription : envoyer un mail en indiquant le lieu et plusieurs demi-journées dans l’ordre de  préférence avec un numéro de portable plumesdelaigle@gmail.com

  • samedi 29, dimanche 30 septembre, lundi 1er octobre  : 6 demi-journées soins au choix

4 rue de Seine 95510 Vetheuil. (REGION PARISIENNE)

Inscription : envoyer un mail en indiquant le lieu et plusieurs demi-journées dans l’ordre de  préférence avec un numéro de portable plumesdelaigle@gmail.com

  • jeudi 4 septembre : conférence

RENNES

  • vendredi 5, samedi 6, dimanche 7 octobre : 6 demi-journées de soins au choix

Au fil de Soi – La Bourdequinais – 35340 Ercé-près-Liffré (RENNES)

Inscription  : association Au fil de Soi

Comment se passe un soin ?

Les soins se passent sur une demi-journée au choix.

Vous avez tous un temps en  individuel avec le chaman et, une fois que tout le monde est passé, Guree donne un soin énergétique collectif .

Il ne parle ni français ni anglais, Nara assure une traduction de qualité.

Horaires : matin de 9h à  13h environ

après-midi de 14h à  18h environ

Témoignages

Bonjour Carol, et tous ceux qui ont fait venir et accueilli Guree et Naara,
Je désire remercier Guree, comme je le remercie chaque jour pour les quelques paroles essentielles que j’ai reçues  et qui continuent de m’habiter, depuis ce 1er novembre 2017, jour du soin. J’ai la sensation d’avoir été nettoyée en profondeur, réalignée avec fermeté; j’ai beaucoup plus d’énergie pour accomplir tout ce que j’ai à faire. Je suis sortie des griffes d’une malédiction qui pesait sur ma lignée et mes enfants depuis plusieurs générations. Et désormais, j’ai la sensation d’être comme pilotée, guidée  et surtout aidée à  avancer avec joie dans cette vie-là , avec uns sorte de liberté intérieure que je ne connaissais pas.
Carol, c’est un tellement grand cadeau que vous nous faites d’inviter cet homme à  venir si près de chez nous !   S


les 2 ont changé ma vie , en tout cas dissipé le fardeau passager au-dessus de ma tête 🙂
merci.  J

….Oui oui, je vais diffuser l’info à  tous mes contacts, tellement une magnifique rencontre, j’ai tellement progressé depuis ma rencontre avec Guree que je la diffuse à  tous ! M.

Présentation de Guree

C’est à partir de l’âge de 7 ans que je commençais à me connecter à l’invisible. Je restais serré à la taille de ma mère pour me calmer lorsque j’avais peur. Elle me demandait de fermer les yeux mais par malheur, même avec un tissu noir sur le visage, je continuais à voir tout ce qu’elle ne voyait pas.

Il m’était interdit de lire à haute voix en présence de mon père qui se jurait de ne pas me faire marcher sous l’ombre d’un chaman. Sa foi dans le bouddhisme lui refusait d’évoquer le monde invisible !  Il est décédé lorsque j’avais douze ans et nous n’avons jamais su la cause de sa disparition. J’aurais dû être connecté avec mon esprit cette année-là !

Ma mère était consciente de ce que son destin lui réservait !  Elle savait que mon esprit me suivait comme l’avait suivi celui de son grand père. Elle savait ce que cette lourde charge représentait pour un être humain destiné à être chaman. Elle voulait me décharger de cette tâche pour mieux me préserver.

À partir de l’âge de 16 ans, juste demeurer auprès de ma mère était devenu impossible. Je côtoyais constamment l’invisible. Vivre dans les deux mondes avec ce corps humain me paraissait au-dessus de mes forces. J’ai voulu fuir ma vie de jeune garçon et cette présence maternelle qui désirait trouver un monde meilleur sans le monde d’en haut ! 

En 1999, j’ai été appelé par ma mère qui venait de tomber gravement malade.

Je me trouvais à son chevet : « Tu es et tu seras la personne qui aidera les gens souffrants. J’ai essayé de t’épargner ce destin autant que je pouvais. Mon départ de ce monde approche. Quarante-neuf jours après mon décès, tu dois aller voir le vieux chaman Tseren. C’est lui qui te guidera vers ton chemin du futur ! »

Ses derniers mots, les quarante dernières minutes de sa vie, résonnèrent comme un ordre pour le fils que j’étais ! En ravalant mes larmes, je pris le chemin pour rencontrer ce Tseren. J’allais devenir son élève ! 

Mon maître fit partie des ultimes chamans disciples du dernier grand maître, fusillé pendant les persécutions religieuses. Son jeune âge le sauva mais ne l’empêcha pas d’être fait prisonnier à deux reprises. Il s’éloigna du village ! Aller à sa rencontre exigeait de traverser douze rivières au pied des montagnes. Vers la fin de sa vie, son esprit lui accorda de transmettre sa connaissance et nous fûmes les premiers à être initiés.

Ce n’était pas une tâche facile de suivre son enseignement et vivre dans deux mondes parallèles. Avant de me connecter à mon esprit, je devais être armé de bienveillance envers les gens et d’humilité face à l’existence. 

Il était caractériel ce maître ! Ses colères et ses punitions faisaient la sélection dans les rangs de ses disciples !

Nous étions une dizaine d’élèves à courir habillés en vêtements de chaman en portant notre tambour ; parfois sous les coups de fouet ! Il pouvait nous demander d’aller vivre dans la forêt sans rien. Il nous apprenait à être l’esclave du monde des gens qui nous entoure !

Ce don qui nous est accordé pour un temps peut repartir comme il est venu si nous ne pouvons pas maîtriser notre ego. Lui seul nous ouvre les portes de ce sixième sens qui va nous connecter à notre esprit !

Je suis resté près de mon maître pendant plus de six ans. 

Comment se passe mes soins ? D’abord, je rencontre la personne pour faire une lecture de son corps énergétique. Je vois son passé et son futur défiler comme sur un écran.

Si le corps énergétique est blessé, j’en vois la cause et le rituel de soin à effectuer. Je suis en mesure de réparer ce qui doit être réparé. J’ai appris auprès de mon maître comment guérir les personnes désorientées !

L’une des grandes forces et différences d’un chaman bouriate, c’est de savoir nettoyer des mauvais sorts sans offenser personne !

Une femme gravement malade est venue me voir un soir avec son mari. En tant que chaman, j’avais dit à cette femme qu’elle allait guérir contrairement à son mari qui allait avoir une grave maladie !

Deux ans après, je reçu un appel téléphonique m’informant du décès de son mari d’un cancer du poumon ! Elle regrettait de ne pas m’avoir cru ! 

Aujourd’hui, je travaille également pour mieux préparer les vrais chamans. Avant de les aider à se connecter à leur esprit, je les débarrasse des mauvaises énergies qui les suivent comme des mouches. Plus un Être est destiné à être chaman, plus il est suivi par de mauvais esprits !  Je leur apprends à discerner les bons des néfastes ! Un monde sans esprits pervers n’existe pas ! On doit juste à apprendre à les manier !

Il est parfois curieux de discuter avec ces mauvaises énergies pour libérer la personne !

DAGVA « Guree »